Onboarder

Voici un verbe très présent sur Internet et que je croyais ne pas connaître. En creusant juste un peu (en parcourant les résumés google), je vois que c’est simple et que je connais. Onboarder est un verbe anglais qui veut dire embarquer. Dans un avion notamment.

Vous vous souvenez peut-être du Welcome on Board ! Soyons sérieux, vu le coût carbone des vols calculés par les champions de l’avion ou de l’hélico que furent Yann Arthus-Bertrand ou Nicolas Hulot, il faut maintenant embarquer dans le TGV. Ce verbe est donc suranné car on n’onboarde pas sérieusement dans un train et encore moins dans un RER (on rentre au tractopelle du moins avant la Covid).

Mais je n’y étais pas. Onboarder veut dire intégrer. Pourquoi ce terme me direz-vous puisqu’on en a un. Non, mais intégrer c’est mal vu. On se sent discriminé parce qu’on est passif. Onboarder c’est mieux. D’ailleurs onboarding, est parait-il un mot plutôt « cool » qui désigne (tout simplement) la période d’intégration de chaque nouveau collaborateur.

Ce terme est également connu sous le nom de socialisation organisationnelle. Je me demande si c’est mieux. Les travaux en socialisation organisationnelle (SO) en vue de l’étude de l’onboarding des nouveaux salariés (NS) sont nombreux. L’état de l’art est le suivant: l’approche organisationnelle initiale (Van Maanen et Schein, 1979), individuelle (Louis, 1980) et interactionniste (Reichers, 1987), relationnelle enfin. Parce que certains considèrent « les relations avec les agents socialisateurs » comme des sources d’informations pour les nouveaux (sans blague) mais hélas trois fois hélas rarement comme une « relation » qui suppose une dynamique, et une réciprocité (quand je vous disait). Les travaux sur ces SO utilisent le contrat psychologique et la théorie de la conservation des ressources pour saisir les attentes et obligations réciproques dans le cadre des relations de travail, et les conséquences en termes de gain ou de perte de ressources. Tout ça pour remplacer bienvenue avec nous, on va t’apprendre le métier !

L’onboarding doit, parait-il être effectuée de façon simple. Mais comme tout ce qui est simple aujourd’hui, il est trop complexe pour être fait simplement. C’est une étape cruciale dans la réussite d’un recrutement lorsque l’on sait qu’en France, plus de 20% des nouveaux arrivés quittent leur poste au bout d’une semaine (c’est le turnover). L’onboarding a donc une grande importance et doit être confiée à des pros, avec des logiciels d’intégration pour planifier de A à Z les tâches à effectuer, un socle RH (ressources humaines, tout le monde le sait je pense) pour créer des workflows qui vont automatiquement gérer les tâches programmées. L’onboarding est plus long qu’on le pense puisque c’est la période courant de l’offre d’embauche et jusqu’à l’adaptation au sein de l’entreprise en passant par le temps de formation si cela est nécessaire. On considère que l’intégration d’un nouveau salarié peut durer jusqu’à 12 mois (sauf s’il est parti au bout d’une semaine).

Comme tous les mots de management issus de l’anglais l’onboarding doit être joyeux et se résumer en slogans d’autant plus cools qu’ils sont en franglais. Ainsi, vous pouvez livrer des goodies de l’entreprise à votre NS. C’est cool. Ne pas oublier quand même les 5 points à checker pour assurer l’onboarding. Pourquoi devez-vous créer un process d’onboarding pour vos sales ? (alors sales c’est pas les ventes c’est les commerciaux apparemment). Plus sympa, le slogan d’un site de conseils en la matière. Welcome on board ! Comment bien onboarder vos collaborateurs ? We the Talent. Enfin grande question du confinement et de la sauvegarde de la planète : Comment onboarder un freelance à distance ? Et c’est un alexandrin !

L’outboarding (ou offboarding) est moins fun. Bien sûr, il peut ne pas s’agir d’un bête licenciement, mais d’un départ volontaire. Aussi simple que le précédent puisqu’un « cahier des charges administratif est utile », tout comme récupérer les badges et transmettre le savoir (et les fichiers). Il faut « éviter le Worst case scenario : faire du départ un tabou qui mine l’ambiance » mais il faut aussi… »faire le deuil de son poste… ». Heureusement, ils ont quand même gardé l’idée que « Quoiqu’il se passe, c’est sain d’organiser un pot de départ. ». Avant la Covid-19.

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